04 Juin

Capsule : Réduire nos attentes

Il arrive que nos déceptions et nos frustrations soient le produit de nos attentes envers les autres. Bien que certaines d’entre elles soient légitimes, plusieurs de nos attentes sont dites « projectives » et d’autres « idéalistes ».

Les attentes légitimes sont celles des besoins à satisfaire et dont la réponse dépend essentiellement des autres. Par exemple, il est normal, dans un restaurant, de s’attendre à un service et une nourriture de qualité, et plus encore lorsque nous payons le gros prix.  Devant une promesse ou un engagement que quelqu’un nous fait, il est naturel que nous nous attendions à ce qu’il respecte sa parole. Encore, il est légitime que nous nous attendions à être respectés par les gens de notre entourage. Ces attentes ont leur place et elles sont légitimes. Quant aux attentes projectives, elles sont des produits du mental à l’effet que nos besoins seront nécessairement répondus par les autres sans que nous ayons à les exprimer. Nous supposons que les autres savent exactement ce qu’il nous faut pour être bien. Par exemple, s’attendre à ce que quelqu’un à qui nous avons rendu un service soit là pour nous lorsque nous serons dans le besoin. S’attendre à être reconnu par un parent alors que ce dernier ne nous a jamais reconnu, quoi que l’on fasse. S’attendre à ce que l’autre change. Les attentes projectives sont énergivores et susceptibles de créer de la pression sur autrui. Elles génèrent des émotions désagréables et elles produisent des conflits interpersonnels. Finalement, les attentes idéalistes se fondent sur des idéaux que nous entretenons dans notre esprit malgré leur manque de réalisme. Par exemple, s’attendre à être aimé, apprécié, reconnu de tout le monde. Réussir tout ce que nous entreprenons; refuser l’erreur, l’échec. S’attendre à gagner à la loterie pour rembourser nos dettes. Ces attentes sont vouées à l’échec car elles ne reflètent pas la réalité.

Pour réduire nos attentes, voici quelques pistes : prendre des ententes avec les autres. Cela implique de formuler clairement nos besoins. Nous voudrions qu’un frère ou une sœur nous appelle pour avoir de nos nouvelles ? Nous devons lui exprimer plutôt que de prétendre qu’il le fera naturellement. Une attente crée la mésentente. Une entente crée la détente. Manifester clairement ce que nous voulons, au lieu de maintenir sous silence nos besoins et nos désirs. Par exemple, dire à notre partenaire amoureux : « J’aimerais que tu m’aides à faire les corvées ». Se responsabiliser, c’est-à-dire faire ce qu’il faut pour satisfaire les besoins et les désirs auxquels nous pouvons et voulons répondre de notre propre gré et demander la contribution des autres pour les besoins et les désirs auxquels nous souhaitons leur apport. Cela implique de prendre des risques, d’essayer de nouvelles stratégies et de s’affirmer positivement. Prendre des initiatives au lieu d’attendre passivement que les choses se produisent. Il faut parfois créer les événements. Développer notre capacité de renoncement devant des attentes envers quelqu’un que nous savons qu’il n’y répondra peut-être jamais. Nous éviterons bien des désagréments émotionnels et des tourments psychiques inutiles.

« Celui qui attend peu des autres est forcément plus libre et comblé. Il apprécie ce qu’il a et davantage ce qu’il est. »

 

 Alain Bellemare
Intervenant en adaptation psychologique en employabilité

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