25 Juin

Capsule : Gestion des émotions en contexte de crise

La crise que nous traversons dépasse l’entendement. Notre vulnérabilité s’accroît. Dans un contexte de confinement, où nous n’avons que peu de divertissement et qu’en plus, il nous faut concilier travail/famille en simultané, les émotions dérangeantes se bousculent.  Elles ont leur place et leur raison d’être. Notre liberté est brimée. Nos droits sont restreints. Notre espace est limité.  Notre bulle est envahie. Autant de facteurs susceptibles de faire émerger en nous la colère, l’irritation, la frustration, le découragement, la peur, l’agressivité, la peine, etc. Toutes ces émotions sont légitimes. Ce n’est pas le temps de les enfouir, de les ignorer, de les refouler. Ce serait excessivement néfaste et même dangereux pour notre équilibre personnel, vu la pression et l’incertitude qui règnent en ces moments difficiles.

Différence entre émotion et sentiment

Émotion : Un ressenti intérieur soudain relié à une situation réelle, intense et brève, accompagné d’une réaction physiologique (rougeur au visage, tremblements, bouche sèche, palpitations cardiaques, augmentation de la pression artérielle, etc.). Lorsque l’émotion est exprimée adéquatement, elle disparaît.

Sentiment : Un ressenti intérieur prolongé dans le temps, ayant une intensité variable, sans réaction physiologique. Une émotion refoulée peut se transformer en sentiment qui persiste dans le temps. Par exemple, la colère non exprimée peut se changer en sentiment de révolte, d’agressivité, de ressentiment, de rancœur ou de haine. Autre exemple, la peine refoulée se transformera en sentiment de tristesse, de nostalgie, de déprime.

Notez que la joie, la paix, la sérénité, la quiétude et l’amour pur ne sont pas des émotions ni des sentiments, mais des états intérieurs qui se développent par la pratique de saine gestion de nos émotions à long terme.

Nos émotions ne sont ni positives, ni négatives. Elles sont. Elles peuvent être agréables ou désagréables à vivre, mais elles jouent un rôle très important. Les émotions agréables nous informent que la situation dans laquelle nous nous trouvons nous convient, et nous sommes bien. Nos émotions désagréables nous indiquent que la situation dans laquelle nous nous trouvons ne nous convient pas ou encore, que cette situation représente une menace, un danger pour nous. Nous ne sommes pas bien, et nous devons agir de manière saine le plus rapidement possible afin de retrouver notre état de bien-être. C’est ce qui s’appelle l’intelligence émotionnelle. L’expression démesurée, explosive de nos émotions s’avère tout aussi néfaste pour nous et pour les autres que les émotions refoulées. Voici quelques techniques de saine gestion des émotions :

  • Se donner le droit de ressentir nos émotions
  • Respirer
  • En parler
  • Écrire
  • Crier dans la voiture (seul)
  • Relativiser
  • Dédramatiser
  • Autodérision
  • Humour
  • Activité physique
  • Marche
  • Mandala

Par rapport à la colère, déchirer du papier, tout en gueulant. Cette technique permet d’évacuer la colère, tout en répondant au fantasme de destruction qui accompagne la colère (casser la vaisselle, claquer les portes, frapper quelqu’un, rage au volant, etc.). Ainsi, on ne fait mal à personne, ni à soi-même.

Il est recommandé de ne pas laisser trop de place aux émotions dérangeantes, ni de les alimenter. Aussi, se donner de l’espace pour faire place aux émotions agréables, en faisant des choses que nous aimons.  Surtout, GARDONS ESPOIR.

 

Alain Bellemare
Intervenant en adaptation psychologique en employabilité

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